Dix méthodes pour lutter contre la page blanche

Le syndrome de la page blanche se définit par des difficultés à se lancer ou à poursuivre une œuvre. Angoissante, elle peut vous amener à douter de vous et de votre capacité à créer. Si cela vous arrive, rien n’est perdu pour autant : vous pouvez tester quelques-unes de ces astuces !

 

Écrivez d’une traite

C’est l’un des conseils les plus fréquemment donnés pour écrire le premier jet d’une œuvre ! Beaucoup d’auteurs se bloquent en cherchant à obtenir un résultat parfait dès les premières phrases. Pourtant, il faut se faire à l’idée qu’un premier jet… sera sûrement mauvais.

Durant la première phase d’écriture d’une œuvre, un auteur produit de la matière brute qu’il pourra relire et corriger par la suite. Il est donc inutile de se complexer ou se bloquer en pensant à la qualité finale de son texte durant sa rédaction initiale.

 

Fixez-vous un objectif quantitatif

Les contraintes peuvent être libératrices ! L’une des règles les plus simples à définir est celle de la quantité de mots que vous souhaitez produire lors d’une séance d’écriture. Ce procédé rejoint la première astuce : écrire d’une traite jusqu’à produire les centaines de mots ou les quelques pages qui constituent votre cible.

L’objectif en lui-même doit être réaliste tout en représentant un achèvement dans votre projet. Il doit vous permettre d’embrasser une certaine régularité dans votre travail en vous fournissant un repère dans vos avancées : le nombre de mots tapés dans la journée. N’hésitez pas à tester tout d’abord de petites quantités (150 mots, 300 mots…) avant d’accroître la quantité au fil des jours.

 

Testez la technique Pomodoro

Au-delà du nombre de mots ou de pages à rédiger, vous pouvez adopter une contrainte temporelle. La technique Pomodoro est idéale pour cela, et elle ne nécessite qu’un simple minuteur de cuisine ! Elle vous forcera à écrire d’une traite votre premier jet et à vous concentrer sur l’acte créatif en lui-même.

La technique originale est très simple :

  1. Fixez-vous une tâche à effectuer. Cela peut être de finaliser le premier jet d’un chapitre, d’avancer dans une scène déterminée, de rédiger 300 mots ou de développer un personnage.
  2. Réglez un minuteur de cuisine sur 25 minutes.
  3. Travaillez sur la tâche jusqu’à ce que le minuteur sonne,
  4. Faites une courte pause,
  5. Toutes les quatre sessions, vous pouvez prendre une pause un peu plus longue.

Vous pouvez la modifier et vous contraindre à une seule séance quotidienne uniquement destinée à l’écriture. L’idée est de vous libérer l’esprit en vous concentrant pendant une courte période sur une tâche précise et unique.

 

Faites une petite marche

Les écrivains, penseurs et créatifs ont une longue histoire d’amour avec la marche. Pourquoi ne pas lui faire confiance, lorsque vous sentez le blocage persister ? Marcher vous permettra de vous aérer, de marquer une pause dans votre journée de travail, de prendre du recul et de vous changer les idées.

D’ailleurs, vous trouverez peut-être l’inspiration au cours d’une flânerie. Au-delà des nombreux auteurs louant la marche, le phénomène a été étudié par des chercheurs de l’université de Stanford. Leur conclusion était déjà connue : la marche développe la créativité.

 

Relativisez l’importance de vos écrits

La page blanche peut parfois survenir par manque de recul sur vos écrits. Votre nouvelle, votre roman, votre poésie, votre article de blog ou vos écrits professionnels sont sûrement très importants, mais beaucoup moins que vous ne l’imaginez.

Il est inutile de vous bloquer en ayant peur de rater ce qui devrait être une grande œuvre. Décomplexez-vous et n’ayez pas peur du résultat. Dites-vous que le gros du travail se déroulera lors de la phase suivante : la relecture-correction.

 

Questionnez-vous sur votre œuvre

Pourquoi cherchez-vous à écrire ce texte ? Orwell estimait qu’il existait quatre raisons d’écrire. Laquelle est la vôtre ? Pourquoi souffrez-vous derrière votre page blanche ?

Vous rappeler pourquoi vous écrivez ce texte vous permettra peut-être de faire le ménage dans les pensées parasites qui vous bloquent. Revenir aux fondamentaux, aux questions que vous vous posiez avant de vous mettre à écrire, pourrait simplifier votre travail.

 

Changez de sujet !

Ray Bradbury explique assez simplement le syndrome de la page blanche : votre inconscient vous dit qu’il n’aime pas ce que vous faite. Lors de son intervention (voir la vidéo) lors de l’Annual Writer’s Symposium by the Sea de 2001, l’auteur de Fahrenheit 451 exposait qu’il n’avait jamais travaillé une seule journée de sa vie, puisqu’il avait toujours écrit dans la joie.

Selon lui, si vous êtes confronté au syndrome de la page blanche (« writer’s block »), c’est peut-être parce que vous avez choisi le mauvais sujet.

Ce conseil est principalement destiné à ceux bloqués sur un texte précis. Pourquoi ne pas arrêter ce que vous faites, et passer à autre chose ? Ou envisager une autre façon de poursuivre votre œuvre ?

Cet abandon peut être temporaire ou définitif. Pourquoi ce sujet vous bloque ? En attendant une réponse à cette question, peut-être devriez-vous vous dégourdir les doigts et l’esprit avec un autre projet ?

 

Oubliez votre environnement

C’est le point de vue de Charles Bukowski que l’on retrouve à travers sa vie, son œuvre et plus spécifiquement dans air and light and time and space.

Dans cette poésie, Bukowski invite son lecteur à créer quelles que soient ses conditions de vie : au retour du travail à la mine, dans une petite pièce avec trois enfants ou lors d’un tremblement de terre. La création ne s’explique pas par « l’air, la lumière, le temps et l’espace ». Son environnement de travail ne sert qu’à s’inventer de nouvelles excuses.

Pensez à tous les auteurs ayant créé malgré des conditions de vie difficiles. N’oubliez pas qu’il n’existe aucun autre domaine artistique demandant si peu d’investissement matériel, à l’exception du mime. Donc profitez-en.

 

Adoptez une routine

Nous reviendrons à l’avenir sur ce sujet dans un futur article mais nous pouvons nous considérer comme des « créatures de routine ». Si vous arrivez à fixer dans vos habitudes de vie le fait de passer une demi-heure ou une heure par jour à écrire, vous ne pourrez plus vous en séparer.

Vous vous sentez mal lorsque vous ne suivez pas vos routines quotidiennes, par exemple lorsque vous ne vous brossez pas les dents avant de vous coucher ? Demandez-vous ce qui vous empêche d’inscrire l’écriture dans vos habitudes « naturelles »… et surtout comment vous pourriez vous forger une nouvelle habitude.

 

Relevez un défi littéraire

Les contraintes (taille, thématique, procédé littéraire…) peuvent constituer un cadre libérateur. La page blanche survient parfois lorsque vous êtes face à l’immensité des possibilités et des questions définissant votre projet. Un défi littéraire vous retire le poids de ces choix et vous permet de vous concentrer sur d’autres aspects de l’écriture.

Nous sommes particulièrement attachés à cette méthode… car avons eu l’idée de Scribay en nous lançant des défis littéraires ! C’est pourquoi vous pouvez en proposer et en relever librement sur le site.

Vous trouvez cette activité futile, ou pensez que cela peut vous éloigner de l’écriture d’une œuvre marquante ? Nous vous invitons également à lire notre article sur les origines de la créature de Frankenstein et du mythe vampirique moderne.

 


À chacun sa technique !

Et vous, quelles sont vos méthodes pour écrire ?

Faites-vous souvent face à la page blanche ou à d’autres formes de blocage ? Comment réussissez-vous à les dépasser ?

 


 

4 commentaires

  1. Fillion Répondre

    Il y a la technique qu’employait Hemingway qu’il explique dans « Paris est une fête ». Le soir, il s’arrêtait au milieu d’une phrase. De cette façon, il reprenait facilement le lendemain matin en complétant la phrase inachevée.

  2. Muriel Répondre

    J’ai réussi à écrire mon livre, grâce à la visualisation de tous les éléments et faits que je voulais voir! Ensuite, les mots sont venus tout seuls. Mon projet datait de 2007 quand même! Mais je n’ai pu le réaliser que cette année! Il faut aussi un effet déclencheur pour entamer cette page blanche, moi ça a été un simple stylo et des feuilles de classeurs grand format, grands carreaux, le déclic! Et j’ai attaqué ma préface, et en revenant à Paris, je ne me suis plus arrêtée!

  3. charier Répondre

    je l’ai en ce moment, ce syndrôme et je crois que c’est parce que j’ai trop sollicité mon cerveau. je fais donc une pause mais mon crayon me manque.

  4. Mai Répondre

    J’ai en ce moment un soucis de page blanche, concernant mes deux histoires principales. Pourtant, hier encore, elles m’inspiraient!

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