Qui est Titivillus, le démon des écrivains ?

Avez-vous déjà remarqué la présence de fautes au sein de publications lues et relues par des correcteurs attentifs et sérieux ? Nous connaissons le coupable : Titivillus, le démon des copistes et des écrivains.

Son existence fut révélée durant le Moyen-Âge, et son rôle s’est étendu au fil des siècles. Autrefois, l’écrit était l’apanage d’une minorité devant se méfier des méfaits de Titivillus. Désormais, nous sommes toutes et tous les victimes potentielles du sinistre démon !

 

Le collecteur de fautes

Ses origines sont floues. En France, ce démon est mentionné sans être nommé dans les sermons de Jacques de Vitry, un membre du clergé français du XIIIe siècle. C’est durant cette période que Jean de Galles lui donne un nom : Titivillus.

Son rôle est alors de collecter les marmonnements, erreurs et autres « syllabes volées » lors des services liturgiques. Le démon récupère dans un grand sac toutes ces fautes qui serviront de preuves à charge dans le jugement de ceux les ayant commises. Son travail se tournera vers l’écrit par la suite. Titivillus est le collecteur de fautes des moines copistes… mais il en provoque également !

Certains émettent l’hypothèse qu’il s’agissait alors d’une bonne excuse pour les moines copistes, dont le travail était exigeant et ne pouvait tolérer d’erreurs. Pourtant, cela n’invalide pas l’existence du démon. Et pour cause : la disparition des moines copistes n’a pas entraîné l’extinction des fautes au sein des manuscrits !

 

Et aujourd’hui ?

Tout indique que Titivillus poursuit son œuvre à l’ère moderne. Avez-vous remarqué l’apparition de fautes suite à une « correction automatique » de votre smartphone ? Constatez-vous la persistance de coquilles au sein de textes mille fois relus ?

Nous pouvons être sûrs et certains que Titivillus s’est adapté aux nouvelles technologies. Un exorcisme pourrait aider… mais si des moines n’ont pas pu se débarrasser du démon, il paraît peu probable que nous y arrivions ainsi.

Selon nos recherches, l’unique solution serait une relecture approfondie afin de chasser les fautes de vos œuvres. Les fonctions de correction automatique d’un traitement de texte, les prestations d’un relecteur professionnel ou l’appel à relecture sur Scribay peuvent être des atouts dans la lutte contre Titivillus.

 

Pour en savoir plus

À propos de Titivillus, de George Huard. Publié dans le volume 107 de la Bibliothèque de l’École des Chartes. (1948)

Article Wikipédia (en) sur Titivillus.

La fin de la préface de la Vie de Jeanne d’Arc d’Anatole France fait explicitement référence à Titivillus.

The Inarticulate Renaissance: Language Trouble in an Age of Eloquence par Carla Mazzio. University of Pennsylvania Press. (2009)


8 commentaires

  1. Lys Claire Répondre

    Titivillus, pour moi presqu’un titivirus… je suis obligée bien souvent de le corriger mais il ne me dit jamais merci… le bougre.

  2. Korchi Répondre

    Il fait des massacres lui sans rougir. Combien de fois je l’ai repéré en train de m’induire en erreur ! Un entourage d’écrivains est capable de l’exorciser! Merci à vous.

  3. GAME PHILIPPE Répondre

    Il faut différencier « la coquille » d’un mot érroné et/ou employé « maltapropos » (comme prononcent certains) !
    Beaumarchais réplique – en substance – à qui l’ennuie :  » Vos paroles sont justes mais vos mots sentent mauvais !  » De quelles odeurs se plaignait-il ?

  4. A. Timonier Répondre

    Titi..virus! (excellent) sème parfois des fautes/lapsus assez savoureux.
    Il m’est arrivé d’écrire « égaux » pour « égo »… Un Titivillus qui a su s’embrouiller dans les lettres pour se révéler à lui-même, l’air de rien.
    Merci pour cet article 😉

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